Retrouvez toutes les informations que vous cherchez sur l'histoire de la Pologne sur notre nouveau site :
L'histoire de la Pologne s'est souvent conjuguée directement avec celle de ses voisins. Ainsi, et au gré des événements, la Pologne a tantôt joui de belles périodes de prospérité et a tantôt été la cible d'attaques de la part de ses ennemis voisins, jusqu'à être plusieurs fois rayée de la carte. Chacun de ces éléments a contribué à forger chez les Polonais une identité nationale forte et originale, qui puise ses richesses dans un passé déjà lointain.
La dynastie des Piast (960-1370)
Le mot "Pologne" est originaire d'un peuple slave, les Polanes, ou peuple de la plaine, qui s'installa au VIème siècle dans les régions actuelles la Grande-Pologne. Sur la route de l'ambre, les Polanes fondèrent Gniezno, leur capitale, ainsi que Kruszwica et Poznan. Une autre tribu, celle des Wislanes (de Wisla, la Vistule), habitaient sur les terres de la Petite-Pologne actuelle tandis que les Maziviens occupaient la moyenne Vistule (région de l'actuelle Mazovie, autour de Varsovie). Peu à peu, les Polanes exercent leur domination sur les autres tribus.
En 966, Mieszko Ier, prince des Polanes (963-992), épouse la pieuse soeur du duc de Bohême, la princesse Dubravka, et se convertit au christiannisme. Ainsi, il évite à la Pologne une guerre religieuse avec ses voisins catholiques allemands et tchèques. Il étend peu à peu sa domination jusqu'à Szczecin et vers la mer Baltique (983), puis au sud en Petite-Pologne et en Silésie. En 990, il place la Pologne sous la protection du Saint-Siège afin d'écarter la suzeraineté du Saint-Empire Romain Germanique naissant.
Son fils, Boleslaw Ier, dit Le Vaillant, lui succède en 992. Il entretient de bonnes relations avec l'empereur germanique Otton III (983-1002) ainsi qu'avec le pape, beaucoup moins avec Henri II, empereur germanique de 1014 à 1024, à qui il conquiert certaines régions occidentales (Mildenland, Lusace, Moravie). A l'est, ce sont les régions autour de Czerwien et Przemysl qui tombent sous la domination de Boleslaw Ier. En l'an 1000, il crée l'archevêché de Gniezno, faisant du territoire polonais une province ecclésiastique dépendant directement de Rome. Enfin, peu avant sa mort, il est couronné premier Roi de Pologne avec le consentement du pape.
Selon la volonté de son père, Miesko II prend le pouvoir en décembre 1025 alors qu'il n'est pas le fils aîné. Ses deux frères ne tardent pas à comploter contre lui (1026) mais échouent et sont contraints à l'exil. Les années suivantes, de nombreuses guerres opposent Mieszko II à l'empereur romain germanique Conrad II à l'ouest et aux Tchèques au sud-ouest (1029 et 1031), ainsi qu'aux Russes à l'est (1030 et 1031). Enfin, l'un de ses deux frères, Bezprym, déclenche une nouvelle rébellion à l'automne 1031 qui finit d'achever Mieszko II. Son règne se conclut sur la perte de l'ensemble des conquêtes réalisées à l'est et à l'ouest durant son court règne (1025-1031) pendant que Bezprym prend le pouvoir et reconnaît la suzeraineté de l'empereur romain germanique.
En 1032, Mieszko II fait assassiner ses deux frères et parvient à réunifier le pays plongé dans des luttes fratricides pour le pouvoir. Mais il est finalement assassiné en mai 1034 par l'aristocratie polonaise qui enfonce le pays dans une période anarchique (1034-1039). Le pays se disloque en duchés sous l'effet des invasions des Mongols à l'est et des Lituaniens au nord-est, mais aussi en conséquence des nombreuses rivalités entre les nobles. De plus, une rébellion païenne chasse le clergé et une révolte antiféodale désorganise toute défense militaire. Les Tchèques en profitent pour envahir le pays en 1038.
Casimir Ier, dit Le Pacifique, réussit difficilement à reconstituer une petite armée qui reprend la Grande-Pologne et la Petite-Pologne. Il prend alors le pouvoir (1039-1058) qu'il centralise à Cracovie, les vieilles villes de Poznan et Gniezno ayant été détruites ppar les Tchèques.
Boleslaw II, son fils dit Le Hardi, doit désormais prendre en considération la noblesse qui a permis à son père de réunifier le Royaume. Il mène plusieurs guerres victorieuses tout au long de son règne, mais de nature colérique, il donne un caractère instable à son règne. En 1079, il assassine l'évêque de Cracovie, pensant que ce dernier est l'instigateur d'un complot qui se prépare contre lui et en faveur de son frère Ladislas. Excommunié et chassé de Pologne, il se réfugie en Hongrie où il meurt en 1081.
Ladislas Ier est propulsé au pouvoir (1079-1102) par la noblesse dont il n'est que la marionnette. C'est Sieciech, un ancien gouverneur, qui détient véritablement le pouvoir et ambitionne de fonder une nouvelle dynastie. Mais celui-ci échoue à force de s'attirer de plus en plus l'hostilité de certains magnats.
Boleslaw III, dit Le Bouche-Torse, succède à son père Ladislas Ier, de 1102 à 1138. Il reconquiert la Poméranie et parvient à réunifier la Pologne une fois de plus mais à sa mort, il l'offre en partage à ses quatre fils.
Les quatre fils sont en conflit les uns contre les autres pour détenir le territoire de son voisin. Cependant, parmi eux, Ladislas II, rêve de réunifier la Pologne. Cette démarche n'est pas du goût de l'Eglise et de l'aristocratie qui tiennent à maintenir leur influence et leurs intérêts. Elles s'allient ainsi du côté des trois frères ennemis de Ladislas II, qui, lui s'appuie sur la Rus' de Kiev et la Prusse païenne. Il est mis en déroute après un long siège autour de Poznan en 1146.
Boleslaw IV assure le nouveau partage entre lui et ses frères alliés, mais très vite, plusieurs puissances étrangères (Saint-Empire Romain Germanique, Saxons et Tchèques) exigent le retour de Ladislas II en Pologne, exigence qu'ils traduisent en 1157 par une invasion du pays. Défait, Boleslaw IV signe le traité de paix qui lui impose de donner la Silésie à son frère ennemi et d'attribuer argent et soldats à Frédéric Barberousse en vue de sa future campagne en Italie. En 1158, il annule le traité sans qu'aucune des deux clauses n'aient été respectées. De nouveau menacé en 1163, il concède la Silésie aux deux fils de Ladislas II. Boleslaw IV meurt au début de l'année 1173.
De 1173 à 1320 se succèdent à diverses fonctions différents membres de la dynastie des Piast qui perpétuent entre eux les luttes de pouvoir familiales instituées par le partage territorial de 1138. Le territoire polonais se divise en duchés de plus en plus nombreux. La situation polonaise s'aggrave au cours du XIIIème siècle. D'abord, la Poméranie et la Basse-Silésie se germanisent peu à peu, au gré de l'arrivée de colons allemands encouragée par les princes polonais. Plus grave : en 1226, le duc de Mazovie Conrad Ier invite les chevaliers de l'Ordre teutonique à s'installer sur les frontières de la Pologne afin de repousser les Prussiens (peuple païen) au nord. A partir de 1231, l'Ordre exterminent les Prussiens sur leur territoire et y fondent un Etat teutonique. En 1234, les chevaliers outrepassent leurs fonctions : ils se retournent contre le duc et s'octoient des terres sur le sol polonais. Cet épisode marque le début d'une longue période de conflits entre l'Ordre teutonique et le Royaume de Pologne dont l'apogée se situe sans doute en 1308, lorsque plusieurs chevaliers, déguisés en marchands, massacrèrent 10 000 habitants pour s'emparer de Gdansk au bord de la Baltique. Enfin, en 1240-1241, puis en 1287, les Mongols envahissent et pillent le pays.
En dépit de tout ceci, le XIIIème siècle voit s'épanouir féodalité et commerce. Le développement des villes s'accélèrent et la Vistule devient un important lieu de transit des marchandises échangées du nord au sud de la Pologne (vin, cuivre, blé). L'usage de l'écriture se généralise en même temps que l'Eglise s'enracine sur le territoire et l'on voit se multiplier les écrits ecclésiastiques polonais ainsi que le droit écrit en latin.
Le couronnement de Ladislas Ier, dit Le Bref, met un terme à près de 200 années de morcellement politique et territorial de la Pologne. Tous les territoires de la Pologne sauf la Silésie, la Poméranie et la Mazovie sont réunis. La même année s'ouvre le premier procès opposant le Royaume de Pologne à l'Ordre des chevaliers teutoniques. Arbitré par l'archevêque de Gniezno, il impose la restitution de la Poméranie aux Polonais et le paiement d'un dédommagement. L'Ordre refuse de s'y soustraire.
Ladislas Ier entame une politique d'expansion de son royaume dès les années 1320. L'alliance entre la Pologne et la Hongrie est scellée toujours en 1320 avec le mariage entre sa fille et le Roi Charles Robert de Hongrie. Ladislas Ier conclut également une alliance cette fois-ci au nord avec la Lituanie. Ces alliances permettent à la Pologne d'élargir son influence en Galicie et de lancer une guerre victorieuse contre le Brandebourg en 1326. Cependant, la tentative d'invasion de la Mazovie en 1327 se solde par un échec, dû en grande partie à l'entrée en guerre des chevaliers teutoniques et du roi de Bohême Jean de Luxembourg.
En 1329, une manoeuvre stratégique permet aux chevaliers teutoniques de traverser la Vistule et d'envahir la région de la Couïavie autour de Bydgoszcz et Torun. La situation se complique pour Ladislas qui perd en 1330 son allié lituanien Gediminas, suite à une embrouille entre les deux hommes. La Bohême et l'Ordre teutonique en profitent pour lancer un nouvel assaut en 1331 vers la Grande-Pologne puis les chevaliers teutoniques poursuivent leur incursion en Couïavie. Ils sont une première fois arrêtés par les Polonais mais en 1332 une nouvelle offensive leur assure une domination définitive sur toute la Couïavie.
Ladislas Ier meurt en 1333, laissant la succession d'un royaume territorialement amoindri à son fils Casimir III, dit Le Grand. Ce dernier roi de la dynastie des Piast va régner jusqu'en 1370. Durant cette période, il accroît significativement la puissance et la prospérité du royaume. Sur un plan militaire, il récupère d'abord la Couïavie en 1343, fait reconnaître sa suzeraineté en Mazovie et s'empare de la Galicie. Mais la politique intérieure du Royaume est sa priorité : il réforme la législation polonaise, fonde des hôpitaux, des collèges et universités (l'Université de Cracovie date de 1364), instaure la monnaie et développe le commerce. Enfin, il accorde des privilèges aux nombreux Juifs qui arrivent d'Europe occidentale, où là-bas, ils sont persécutés.
En somme, il ouvre le Royaume de Pologne sur une période de stabilité politique et de croissance de l'économie via le développement de nombreuses infrastructures. A ce titre, on dit de lui qu'il trouva la Pologne en bois et qu'il la laissa en briques. N'ayant aucune descendance, il s'accorde avec son neveu Louis Ier de Hongrie pour qu'il lui succède.
Louis Ier, étant déjà très occupé avec le Royaume de Hongrie, laisse la gouvernance de la Pologne à sa fille Marie. A la mort de ce dernier, elle devient reine de Hongrie et c'est sa soeur Hedwige qui, à l'âge de 13 ans, dirige désormais le Royaume de Pologne. Elle assure la transition entre la dynastie des Piast et celle des Jagellon par le mariage de raison qu'elle est contrainte de faire en 1386 avec le grand-duc lituanien païen Ladislas II Jagellon désormais converti au christiannisme, comme l'ensemble des nobles lituaniens.
Ladislas II est réputé pour avoir défait définitivement l'Ordre des chevaliers teutoniques à la célèbre bataille de Grunwald en 1410. Pourtant, en 1404, les Polonais et les chevaliers teutoniques s'étaient accordé sur une paix perpétuelle, mais elle fut brisée en 1409 par la prise d'armes de la Samogitie païenne (région du nord-est de la Lituanie), alors sous domination teutonique. La guerre est inévitable puisque la Pologne et la Lituanie appuient cette révolte.
L'armée des chevaliers teutoniques aligne quelques 50 000 hommes très bien armés contre 100 000 hommes moins organisés du côté de la Pologne et de Lituanie. Bien que la bataille semble se dérouler d'abord en faveur des chevaliers, l'infanterie coalisée a finalement raison d'eux. Le bilan est lourd : on compte 20 000 morts du côté de l'Ordre teutonique et 60 000 du côté des coalisés. En conséquence de leur victoire, le Royaume de Pologne annexe la Prusse occidentale et s'affirme comme une grande puissance régionale.
Fils aîné de Ladislas II, Ladislas III prend la tête du Royaume en 1434 à seulement 10 ans. A 16 ans, il est élu Roi de Hongrie et son frère cadet Grand-duc de Lituanie. Il tombe sur le champ de bataille de Varna à 20 ans, lors d'une expédition lancée contre les Turcs en 1447 et menée jusqu'aux rivages de la mer Noire.
Casimir IV prend sa succession après un interrègne de trois ans. Il préserve l'union politique entre la Pologne et la Lituanie qui lui permet d'engager une guerre décisive de treize ans (1454-1466) contre les chevaliers teutoniques. La paix de Torun signée en 1466 assure la Prusse occidentale et la Poméranie aux Polonais et leur donne ainsi un débouché maritime. En outre, les territoires laissés à l'Ordre teutonique deviennent des fiefs du Royaume polonais.
Au fil des décennies suivantes, Ladislas, l'un des fils de Casimir IV, est désigné Roi de Bohême (1471) puis est proclamé Roi de Hongrie (1490). Ses frères Jean et Alexandre deviennent respectivement Roi de Pologne Grand-Duc de Lituanie à la mort de Casimir IV en 1492. Ainsi, les Jagellon sont à la fin du XVème siècle à la tête de la Pologne, de la Lituanie, de la Hongrie et de la Bohême.
A cette période, les enjeux futurs sont nombreux pour ces nouveaux souverains. Bien conscients de la montée en puissance des Jagellon, les Habsbourg trouvent en Ivan III un allié précieux pour prendre en tenaille la Pologne.
Se pose également le problème de la petite noblesse polonaise (la szlachta) qui a accumulé de multiples privilèges à mesure que les différents souverains successifs avaient besoin de leur soutien de toute sorte. Dès 1454, Casimir IV leur octroie les statuts de Nieszawa. Désormais, les Diètes provinciales (diétines) s'ajoutent à la Diète centrale et gagnent le droit de donner ou de refuser leur assentiment pour la promulgation de nouvelles lois, la convocation générale de la chevalerie ou l'octroi de charges financières.Cette situation s'aggrave encore avec la scission entre la Pologne et la Lituanie. Jean Ier Albert Jagellon doit à nouveau faire appel à l'aide financière des nobles. En échange, il confirme les privilèges qui leur sont accordés et leur offre une prépondérance politique et sociale au sein de l'Etat : monopole de la propriété foncière, liberté politique, exclusivité de l'accession aux hautes charges de l'Etat, avantages fiscaux, etc. Le pouvoir monarchique s'affaiblit inexorablement et les rouages de la vie politique sont bloqués.
L'Union de Vilnius signée en 1499 confirme la politique d'union entre la Pologne et la Lituanie. Alexandre Ier Jagellon (règne de 1501 à 1506) puis Sigismond Ier de Pologne (1506-1548) en sont les premiers souverains. Sigismond Ier, dit Le Vieux, doit affronter en 1507-1508 la première guerre contre la Grande-Principauté de Moscou. En 1512, il arrête les Tatars à Wisnowiec (à l'ouest de l'actuelle Ukraine), puis entame une nouvelle guerre contre les Russes (1512-1522), alors qu'une autre guerre l'oppose aux Prussiens (1519-1521). Sigismond Ier incorpore la Mazovie au Royaume en 1527. Une troisième guerre de trois ans contre les Russes éclate en 1537. Le Roi Sigismond Ier meurt en 1548 à 81 ans.
Sigismond-Auguste, son fils, engage un nouveau combat contre les Russes pour la domination de la Livonie (1558 à 1582) et assujettit la Courlande (nord de l'actuelle Lituanie) en 1561. L'Union de Lublin qu'il signe en 1569 incorpore la Lituanie à la Pologne au sein d'un même Etat, la République des Deux-Nations, qui devient l'Etat d'Europe le plus vaste. Sigismond II pensait imposer par la même occasion une monarchie plus forte et centralisée, capable de se défaire de l'anarchie politique qui se dessinait.
Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite