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La religion prend encore aujourd'hui une place entière dans l'identité polonaise. Pourtant, ce n'est qu'assez tardivement (966) que Mieszko 1er, premier souverain de la dynastie des Piast, fut baptisé et fit ainsi officiellement entrer le royaume de Pologne dans le catholicisme. A travers les siècles, cette tradition religieuse ne s'est jamais démentie. Ainsi, on retrouve aujourd'hui une très grande majorité de Polonais de confession catholique (à 95 %). Très pieux, ils sont 80 % de pratiquants à faire preuve d'un attachement sans faille aux 10 000 paroisses et 28 000 clercs. Le recul du culte religieux dans d'autres sociétés occidentales n'a donc pas connu pareille mesure en Pologne. Les raisons attachées à cela sont multiples.
La dernière en date résulte du fait que les Polonais n'ont pas oublié que l'Eglise les a soutenus dans la lutte patriotique pour leur émancipation du joug soviétique. Dans les années 1920 et 1930, le catholicisme constituait déjà un facteur d'unité voire de fierté nationale pour les Polonais, en opposition à des ennemis voisins protestants (Allemagne) ou orthodoxes (URSS). Face à l'athéisme imposé pendant presque un demi-siècle d'occupation communiste, le retour du catholicisme, pratiqué désormais librement, fut donc accueilli comme un signe important de liberté retrouvée. Enfin, le choix de Karol Wojtyla (Jean-Paul II) comme 264ème chef de l'Eglise catholique a renforcé encore un peu plus le caractère indissociable entre Etat polonais et religion catholique.
Parmi les très nombreux sites polonais dédiés à l'Eglise catholique, et présents à travers tout le pays, voici une petite liste des lieux les plus immanquables, à commencer par les lieux de pélerinage :
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Czestochowa est réputée pour la célèbre Vierge noire que l'on peut admirer en la basilique de Jasna Gora, visitée chaque année par 4 à 5 millions de personnes. Plus de 200 000 d'entre eux se rendent à pied à Czestochowa, effectuant ainsi un pélerinage parfois long de plus de 600 kilomètres. La Madone noire doit en fait son surnom à la peinture de l'icône qui s'est assombrie au fil des siècles. En outre, on distingue très nettement deux balafres sur le visage de la Vierge. En 1430, elle fut en effet victime de coups de sabre portés par des bandits, partisans de Jan Huss, qui pillèrent et saccagèrent le monastère par la même occasion. Ce dernier, brûlé vif quinze années plus tôt, était un réformateur religieux tchèque remettant en cause la hiérarchie romaine, un siècle avant Luther. Sa mort donna naissance à une période de troubles religieux, politiques et sociales en Bohême, plus connue sous le nom de guerres hussites (1419-1436) ;
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Eloignée de seulement 24 kilomètres de Wroclaw, Trzebnica est un lieu de pélerinage depuis le XVIème siècle. L'église et le couvent, fondés par le prince Henri Le Barbu pour sa femme Edwige en 1203, figure parmi les édifices sacrés du XIIIème siècle les plus grands d'Europe centrale. Il renferme aujourd'hui le sanctuaire international de Sainte Edwige qui fut canonisée en 1267, en conséquence de sa vie très pieuse ;
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Wambierzyce, alias la Jérusalem de Silésie, est une petite ville située aux confins du territoire polonais, à la frontière tchèque. Au sein de la très belle vallée du Cédron, elle est devenue peu à peu un lieu de pélerinage important, depuis qu'au XIIème siècle, un aveugle aurait retrouvé la vue en priant au pied d'une statuette représentant la Vierge à l'Enfant. Désormais, nombreuses sont les curiosités faisant référence au culte religieux. Parmi elles, citons le chemin de croix comprenant une centaine de chapelles ainsi que 130 statuettes illustrant les grands moments de la vie de Jésus et de la Vierge, ou encore une très fameuse crèche datant du XIXème siècle et rassemblant 800 figurines en bois (dont 300 sont animées).
Hormis ces lieux de pélerinage, les monuments à proprement parler de l'Eglise catholique les plus intéressants sont :
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l'église Sainte-Marie de Gdansk est la plus grande église en briques au Monde. Elle peut accueillir la bagatelle de 25 000 personnes. Sa construction a nécessité 159 années (1343-1502). L'imposant édifice a durement souffert de la Seconde Guerre mondiale qui lui a amputé 40 % de ses trésors intérieurs ;
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la cathédrale de style roman-gothique Saint Jean-Baptiste des XII-XIIIème siècles, à Kamien Pomorski (petite ville à 8 kilomètres de la côte). Cette dernière abrite un orgue baroque de 1669. Elle est d'ailleurs réputée pour les concerts d'orgue qui y sont donnés ;
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la très belle basilique néoclassique de Saint-Vincent de Paul à Bydgoszcz ;
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les églises Sainte-Catherine et Sainte-Croix à Cracovie. Dans le quartier de Kazimierz, la première fut bâtie en 1343 par Casimir le Grand (qui a donné son nom au quartier). Elle est un petit bijou de l'architecture gothique et malgré sa conversion en arsenal pendant la domination autrichienne au cours du XIXème siècle, elle a pu conserver un très beau porche. La seconde est située au nord-est de Rynek Glowny (la place du marché) et a été edifiée à peu près à la même époque, entre les XIIème et XIVème siècles. L'extérieur, plutôt sobre, contraste avec la superbe voûte gothique que l'on peut trouver à l'intérieur ou des très belles fresques de la nef, restaurées au XIXème siècle ;
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le Temple de la Providence Divine (Swiatenia Opatrznosci Bozej) à Varsovie est en fait une basilique en cours de construction. Les travaux auraient dû débuté en 1791 mais ils ont été annulés par le deuxième partage de la Pologne en 1793 entre l'Autriche, la Russie et la Prusse (voir ici). Avec l'indépendance de la Pologne en 1918, l'idée d'une reprise des travaux fut relancée mais le projet capota à nouveau avec l'arrivée de la Seconde Guerre Mondiale. C'est seulement en 1998 que commencèrent finalement les travaux de l'édifice qui symbolisera la reconnaissance du pays pour la liberté retrouvée en 1989, pour le 20e anniversaire du pontificat de Jean-Paul II, et pour 2000 ans de christianisme. Un musée sur l'histoire de l'église polonaise y sera créé ;
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l'église Wang de Karpacz dans les Sudètes est la seule église de style scandinave en Pologne. D'ailleurs, pour être précis, elle a d'abord été construite en Norvège au XIIème siècle, démontée, transportée par les Vikings puis rassemblée à Karpacz en 1843 ;
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à Lublin, l'ancienne église Saints Jean-Baptiste et Jean l'Evangéliste est devenue cathédrale lors de l'établissement du diocèse de Lublin en 1805. Elle constitue le principal édifice de la ville. Malgré tout, la chapelle de la Sainte-Trinité, située à l'intérieur des remparts du château de Lublin, attire bien plus les regards grâce aux fresques russo-bizantines qui ornent sa voûte et qui représentent des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament ;
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la chapelle du Sacré-Coeur de Jésus, dans le quartier de Jaszczurowka à Zakopane, date de 1906. Faite de bois, elle comporte une toiture à plusieurs pans. Une exposition de peintures sur verre a lieu chaque année dans la crypte ;
Malgré cette forte prépondérance de la religion catholique, les minorités religieuses cohabitent depuis très longtemps avec elle, et dans des conditions d'égalité et de paix. C'est d'ailleurs en 1573, soit vingt ans avant l'Edit de Nantes, que fut proclamée par la Diète de Varsovie cet acte de tolérance. Il est donc tout à fait normal que les différents courants spirituels soient représentés par plusieurs édifices notables :
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la plus grande minorité en Pologne est celle des Chrétiens orthodoxes qui compte 500 000 fidèles, essentiellement localisés à l'est du pays. Présents depuis 880, les 320 membres du clergé disposent aujourd'hui d'environ 350 paroisses et de 7 monastères (parmi elles, Bialystok, Suprasl, Grabarka, Kostomloty, Wojnowo) ;
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les Protestants sont quant à eux aux nombre de 120 000 et sont majoritairement regroupés dans les régions anciennement sous domination allemande du sud-ouest polonais (Sudètes et Silésie). Deux édifices méritent une attention toute particulière : les églises protestantes de la Paix à Jawor et à Swidnica qui figurent au Patrimoine mondial de l'Unesco (voir ici) ;
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les Juifs représentent la 3ème minorité polonaise avec environ 12 000 personnes, un nombre bien en-deçà de ce qu'il était dans les siècles passés. Les premiers Juifs s'installèrent ici au cours du Xème siècle. En comparaison avec les autres pays européens, la Pologne fait figure pendant plusieurs siècles d'havre de paix pour les communautés juives de plus en plus nombreuses. La culture juive atteignit son âge d'or durant le XVIème siècle avec le règne de Sigismond 1er le Vieux, puis de son fils, qui leur accordaient protection, reconnaissance et droit de commerce. Depuis, l'histoire polonaise des Juifs s'est révélée nettement plus sombre avec, comme chacun le sait, l'occupation nazie comme summum d'intolérance et de barbarie. Les Juifs polonais étaient 2,5 millions avant 1939. Au lendemain de la guerre, ils étaient moins de 100 000 et aujourd'hui, on n'en compte encore que quelques milliers, même si l'évolution négative tend à s'inverser depuis peu.
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la minorité tatare est, elle, présente depuis sept siècles en Pologne. D'origine chamanistes, ils formaient l'avant-garde des troupes mongoles qui les avaient auparavant vaincus. Au XIVème siècle, ils ravagent toute l'Europe orientale, puis se sédentarisent peu à peu et deviennent pacifiques. Au XVIIème siècle, ils combattent les chevaliers teutoniques aux cotés des Polonais et reçoivent en échange des terres en Podlachie où leurs descendants vivent toujours. Aujourd'hui, ils sont ainsi moins de 5 000 à pratiquer un islam modéré dans les mosquées de Kruszyniany (de la fin du XIXème siècle, elle est la plus ancienne du pays) ou de Bohoniki, non loin de Bialystok. Une troisième mosquée a récemment été construite à Gdansk, dans le quartier d'Oliwa.
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